Cuillère sculptée en Lierre grimpant (Hedera helix)

Une jolie teinte crème, un bois dense, des fibres très courtes… Des qualités qui incitent à tenter de sculpter une cuillère en lierre grimpant. C’est vrai que le bois est facile à travailler, le grain est fin, le toucher doux. Mais la fibre est très courte et elle manque d’élasticité, aussi gare à ne pas trop affiner votre ouvrage ! L’essence de Lierre étant homogène, après avoir bien affiner le manche, j’ai tenté d’affiner autant que possible le cuilleron… mais un morceau de celui-ci s’est détaché sur un coup de couteau malheureux (et maladroit). Qu’à cela ne tienne, cette ouverture est idéale pour laisser égoutter l’huile des olives. Il y aura bientôt chez moi une cuillère pour chaque fonction et chaque ingrédient…

Cuillère en Lierre réalisée à partir d’une belle liane (7 ou 8 cm de diamètre) grimpant le long d’un Charme sur les hauteurs du Val Suzon, au Nord de Dijon. La liane a été coupée en planchettes pour tester le feu par friction à l’archet. Cette cuillère provient d’une chute d’une des planchettes.


Lierre grimpant, bourreau des arbres ?

Lierre grimpant, bourreau des arbres ?

lierre-grimpant-arbreLe lierre forme des tiges ligneuses rampantes ou grimpantes pouvant atteindre 100 mètres de long et 30 m en hauteur. Les rameaux grimpants portent des racines adventives transformées en crampons émettant de nombreux poils ventouses, qui s’accrochent à un support (mur, arbre, arbuste, etc.). Ces racines modifiées n’ont aucune fonction absorbante : le lierre n’est pas une plante parasite (à la différence du gui par exemple), et il se nourrit uniquement avec son système racinaire souterrain.
Le lierre, dans un arbre, c’est :

  • un abri et un lieu d’hibernation à une faune nombreuse, en particulier pour la forme adulte du papillon Citron (Gonepteryx rhamni).
  • une source critique de nourriture pour les abeilles et autres insectes à une période où il y a peu de fleurs et où l’hiver arrive, et donc ensuite de fruits pour les oiseaux, en février, à une période où de même peu de fruits sont disponibles.

Comme on peut le lire sur Wikipedia, le lierre ne mérite donc pas son surnom de bourreau des arbres. (…) Très rarement, les tiges du lierre finissent par enserrer complètement le tronc de l’arbre qui le supporte, ce qui ne pose en réalité pas de problème. Même quand cela arrive, pour que l’arbre en soit gêné encore faudrait-il que le lierre se soit enroulé autour tel un chèvrefeuille, ce qui est encore une fois peu commun, le lierre poussant surtout verticalement et de façon rectiligne sur son support sans gêner les flux de sève – à la différence d’une glycine ou d’un vieux chèvrefeuille qui causent des déformations et retards de croissance à leur arbre-support (…) Les tiges enserrant un arbre peuvent également le protéger d’un feu courant, de la fracture par le gel, des animaux pouvant endommager l’écorce. Le lierre absorbe l’excès d’humidité, et a une action chimique inhibitrice sur les champignons, bactéries ou parasites pouvant s’attaquer à un arbre.


Écologie et identification du Lierre grimpant

Pour tout savoir sur le Lierre grimpant (Hedera helis), je vous invite à visiter cette page wikipedia.

Un autre site de référence qui présente le Lierre grimpant : Notesdeterrain.over-blog.com


Dessin botanique du Lierre grimpantLe bois du Lierre grimpant et ses usages

Que dit la Flore forestière française à propos du Lierre ? Rien du tout ! Sa section maximale de 7 à 8 cm limite évidemment les usages. Internet n’est guère plus prolixe, évoquant juste que son bois ne serait pas assez durable pour lui confier une quelconque mission.

Bernard Bertrand nous en donne une explication dans son ouvrage « Le grand livre des ressources végétales » aux éditions Plume de carotte : « A chaque fois, il faudra prendre soin de couper le lierre en hiver, de le sécher rapidement et de ne plus lui faire connaitre l’humidité, sans quoi il se transformera vite en poussière. Bernard Bertrand évoque également la trouvaille possible de petites excroissances de lierre, nommée loupes, plus dures, joliment veinées de sombre, qui permettent de réaliser de petites boîtes à secrets, des écuelles ou des gobelets ».


Un peu d’ethnobotanique

les-fruits-toxiques-du-lierre-grimpantLes usages alimentaires… pour les oiseaux uniquement !

Gérard Debuigne et François Couplan, dans le livre Le petit Larousse des plantes qui guérissent, indiquent : Les feuilles de lierre grimpant contiennent des flavonoïdes, des saponosides triterpéniques, de l’hédérine... autrement dit quantité de substances qui rendent le lierre peu comestible pour l’homme !

Les fruits sont purgatifs et émétiques (provoquent des vomissements)… ils sont toxiques et ont déjà causé la mort accidentelle d’enfants imprudents… Par ailleurs, le contact des feuilles peut déclencher des dermatites probablement dues à la présence de falcarinol.

La flore forestière française indique néanmoins que les fruits (baies) du lierre grimpant sont très appréciées du pigeon ramier et d’autres oiseaux.

Les usages médicinaux : un anticellulitique naturel

Gérard Debuigne et François Couplan, dans le livre Le petit Larousse des plantes qui guérissent, indiquent : l’ESCOP (European Scientific Cooperative on Phytotherapy) préconise l’usage des feuilles de lierre contre les troubles respiratoires, en particulier dans les affections bronchiques chroniques (…) Le lierre grimpant est également vasoconstricteur, antibactérien, antifongique et emménagogue. L’usage classique du lierre demeure la cellulite. Beaucoup de pommades anticellulitique du commerce sont à base de lierre grimpant.


Cuillère sculptée en Lierre grimpant : la cuillère à thé