Cuillère sculptée en Clématite vigne-blanche (Clematis vitalba)

Pourquoi une cuillère en clématite ? La clématite n’est ni un arbre, ni un arbuste, ni un arbrisseau. C’est une « plante ligneuse grimpante », une liane, une des rares lianes de nos flore forestière, avec le lierre, le tamier, le chèvrefeuille… Pour autant, la Clématite vigne-blanche est ligneuse et son bois – très particulier – est très agréable à toucher et à sculpter. Pour souligner l’origine de cette cuillère en clématite, j’ai laissé apparente un peu de son enveloppe extérieure sous le cuilleron et au « coude » du manche. Le bois est léger et souple, très agréable au toucher et on a plaisir à la prendre en main.


Écologie et identification

Dessin botanique de Clématite vigne blancheLa Clématite vigne-blanche ou Clématite des haies (Clematis vitalba) est une plante ligneuse grimpante de la famille des Renonculacées. C’est une liane vivace, grimpante aux vigoureuses tiges ramifiées, aux feuilles composées caduques opposées, aux fleurs blanc-verdâtre odorantes.

Clématite vigne blanche - fruits plumeuxLes fruits sont des akènes à arêtes plumeuses, c’est-à-dire qu’ils sont surmontés d’un appendice soyeux et persistant longuement sur la plante lui donnant un aspect caractéristique en hiver. 

Pour en savoir un peu plus sur Clematis vitalba, je vous invite à visiter cette page wikipedia.


Le bois de la clématite et ses usages

Clématite vigne-blanche, feuille et fleursQue dit la Flore forestière française à propos de cette liane ? Rien du tout, ce qui n’est pas étonnant. Qui a déjà acheté un meuble en Clématite ? Par contre, vous pourriez trouver des vanneries en clématite. Et puis, ses toutes jeunes pousses sont comestibles cuites. Je vous en raconte plus ci-dessous. Il y a quand même un usage qu’on ne peut pas ne pas mentionner : « Ses tiges s’épaississent et se lignifient en vieillissant, formant des lianes enchevêtrées, suffisamment épaisses pour supporter le poids d’un enfant ! Une aubaine pour les apprentis Tarzans » (dixit le site Sauvage du Poitou).

Les usages alimentaires de la Clématite

D’après Couplan [ livre « Le régal végétal » ], la clématite contient des protoamionines dont les propriétés vésicantes (qui a la propriété d’irriter gravement la peau, les yeux et les muqueuses en particulier les voies respiratoires de manière irréversible) étaient mises à profit par les mendiants, surtout au Moyen Âge, pour produire sur leur corps des plaies en se frottant avec les feuilles pour attirer la pitié (…). De cet usage sont probablement issus certains noms vernaculaires comme « Clématite brûlante » et « Herbe aux gueux ».

clematite pour la vannerieLa clématite peut provoquer par simple contact (tige et feuille) des dermatites. Cette toxicité disparait en partie par la dessication et l’ébullition.

Cette mise en garde étant faite, les jeunes pousses de Clématite vigne-blanche deviennent comestibles après cuisson à l’eau, cuisson qui retire leur âcreté (plus ou moins forte selon l’âge de la pousse) sans pour autant leur ajouter de la saveur. Les italiens les consomment en omelette, après avoir blanchies les jeunes pousses à l’eau bouillante.

Autres usages : fumer et vanner !

A l’origine des surnoms de « Bois à fumer » ou « Bois fumant » vient cet usage : les enfants coupent des tronçons des tiges sèches qu’ils allument et fument !

Plutôt que fumée la clématite peut être vannée. Les plus petites lianes servent au tressage et les plus grosses peuvent faire des anses, des tours de paniers, ou des côtes. Pour pouvoir les peler, il faut les faire bouillir de une à deux heures suivant la grosseur des lianes. Une fois pelées, elles ont une couleur jaune clair et ressemblent à du rotin.

Panier tressé en clématiteExtrait d’un article de Christine Laurent de l’excellent site Reporterre :

Les tiges, dont les plus longues atteignent 8 mètres, constituent un matériau très souple que l’on peut vanner aisément. On peut encore en couper en janvier, en choisissant celles qui ont le moins de nœuds. De retour à la maison, on les met dans un faitout, recouvertes d’eau qu’on laisse bouillir jusqu’à ce que l’écorce se détache. L’épluchage des lianes encore chaudes est plus facile.

On dispose alors de quoi faire des petits paniers, des besaces pour herboriser ou des abris pour oiseaux à suspendre dans les arbres. On peut aussi utiliser des ronces épinées, du lierre décortiqué ou toute branche un peu longue et souple glanée dans la campagne. La vannerie sauvage cultive le plaisir des sens.