Cuillère en bois de Buis (Buxus sempervirens)

Pour décrire le bois de cette cuillère en Buis, je vous propose cette description sur la Flore forestière française : Excellent bois, jaune parfois veiné de brun, dur, à densité très élevée, au grain très fin, prenant un beau poli. Encore un bois de très grande qualité pour lequel il faut des couteaux bien affutés ! Le toucher de cette cuillère en bois est très doux, on sent la densité du bois, la cuillère semble incassable.

Est-ce une cuillère en bois ou une dosette ? Incontestablement de style scandinave, je la destinerais volontiers à la consommation d’une soupe suédoise de Cynorrhodons ! Pour celles et ceux qui ne connaissent pas cette recette, elle est à découvrir un peu plus loin dans cet article.


Illustration botanique du Buis (Buxus_sempervirens)Écologie et identification

Pour tout savoir sur le Buis (Buxus sempervirens), le plus simple c’est encore cette page wikipedia.


Le bois du Buis et ses usages

Imagerie religieuse en Buis - XVIe siècle - Flandres
Imagerie religieuse en Buis

Que dit également la Flore forestière française à propos des usages du Buis ? Tournerie, marqueterie, tabletterie, fabrication de jeux, instruments de mesure et de dessin (…) cuillère, gravure, instruments de musique à vent et baguette de tambour. Ce n’est pas souvent que figure la référence aux cuillères en bois, cela valait la peine d’être cité ;-). C’est un bois très homogène. Il est de ce fait très estimé par les sculpteurs et les tourneurs car il peut être travaillé avec une grande précision. Sa finesse de grain serait comparable à celle de l’ivoire.

Le livre indique également que le bois des souches, noueux, était utilisé pour faire des tabatières.

Boussole de poche en buis tourné
Boussole de poche en buis tourné

Gérard Debuigne et François Couplan, dans le livre Le petit Larousse des plantes qui guérissent, indiquent : Le buis servait à fabriquer des boîtes : son nom anglais est boxwood, littéralement bois à boîte. L’italien bussolo a donné boussole, petite boîte contenant une aiguille aimantée. Comme le buis est imputrescible, on peut penser que les premières boussoles emportées en mer privilégiait effectivement le buis pour les protéger.


Un peu d’ethnobotanique

Les usages alimentaires du buis ?

D’après Couplan [ livre Le régal végétal ], le buis renferme plusieurs alcaloïdes, c’est-à-dire des substances qui impactent notre activité physiologique, souvent de façon toxique, qui peuvent provoquer des troubles digestifs et nerveux allant jusqu’à la paralysie. Vous ne trouverez donc pas de recette utilisant du buis dans cette section… François Couplan indique simplement que les feuilles de buis ont été employées en Europe comme succédané du houblon dans la fabrication de la bière.

soupe de cynorrhodonscynorrhodons, fruits de l'eglantierEnfin, comme indiqué dans la présentation de la cuillère en Buis, voici la recette de la soupe suédoise de cynorrhodons, telle que décrite dans l’ouvrage La cuisine sauvage de François Couplan : la première étape consiste à préparer une purée à partir des cynorrhodons cueillis de préférence après les premières gelées, ils sont alors blets (sinon, laissez vos cynorrhodons quelques jours au congélateur). Personnellement, comme à la cueillette les cynorrhodons ne sont pas tous au même stade de murissement, je les fais tous bouillir 15 mn dans suffisamment d’eau pour les couvrir, eau de cuisson que je conserve pour diluer la purée si nécessaire. Une fois égouttés, passer les cynorrhodons au moulin à légume, 2-3 fois si nécessaire, afin de récupérer toute la pulpe. Utilisez une grille suffisamment fine pour retenir les grains, le reste constituera la purée : peau, poils et pulpe. C’est l’étape la plus physique !

La purée obtenu, on peut passer à la seconde étape de la recette. Faire tiédir 1/4 litre de lait et y délayer 100g de purée de cynorrhodons  et 20g de sucre. Déguster tiède avec un peu de crème fraîche en début de repas ou en dessert.

Les usages médicinaux

Toujours d’après Couplan [ livre Le régal végétal ], les feuilles et l’écorce de la racine sont employées comme dépuratif, sudorifique, cholagogue et laxatif. En usage externe, on s’en sert comme antiseptique et vulnéraire.

La buxine et autres alacaloïdes toxiques sont en effet concentrés dans l’écorce et les feuilles.

Gérard Debuigne et François Couplan, dans le livre Le petit Larousse des plantes qui guérissent, indiquent : le buis est souvent tenu pour toxique (…) et est interdit à la vente depuis 2011. On ne le trouve plus en herboristerie.