Cette cuillère à 1 style

Le cuilleron de cette ustensile en bois n’est pas franchement ergonomique, son étrave remonte comme si elle voulait affronter une tempête… N’empêche, elle a un style bien à elle ! Ce vieux pied d’Aubépine a souffert de nombreuses attaques et son bois est marqué. Une fois sculpté, il révèle tout un décor de nuances, du brun à l’ocre rouge, que la pâleur du bois sain fait ressortir. La sculpture consiste alors à jouer avec ce nuancier en accentuant les reliefs, quitte à créer une cuillère en bois peu pratique à utiliser !


Origine de cette branche

Ce morceau d’aubépine provient d’un pied en fin de vie qui a eu la délicieuse idée de pousser sur un coteau ensoleillé des monts du Haut-Beaujolais, près de Cenves, proche du Clunisois et du Mâconnais.


Écologie et identification

L’aubépine monogyne ou Aubépine à 1 style (Crataegus monogyna) est très commune sur tout le territoire français jusqu’à 1 600 m, de l’étage méditerranéen à l’étage montagnard. Pour tout savoir sur ce très bel arbuste qu’est l’Aubépine monogyne, je vous invite à visiter cette page de Wikipédia.


Les usages ethnobotaniques de l’aubépine

crataegus_fleurs d'aubépineLes usages alimentaires

D’après Couplan [ livre « Le régal végétal » ], des aubépines (Aubépine épineuse – Crataegus laevigata et Aubépine à 1 style – Crataegus monogyna) le promeneur gourmand pourra profiter et des jeunes et des fruits, au printemps et à l’automne.

Au printemps, les jeunes feuilles sont consommables crues en salade, et seraient de saveur délicate.

A l’automne, les fruits, bien que petits et peu charnus, sont également comestibles, bien que peu goûteux : farineux, insipides et contiennent plus de noyaux que de chair. Il est donc conseillé de les faire bouillir légèrement puis passer au moulin à légumes pour éliminer peau et noyaux. La purée obtenue pouvant servir d’ingrédient à du pain (une fois séchée et moulue), des bouillies, des galettes, de la purée de cynorrhodons (voir la page sur les usages du buis), du vin, des confitures…

François Couplan indique également qu’au printemps les fleurs blanches, si belles, peuvent être ajoutées aux salades ou aux desserts, apportant une odeur particulière, un peu « animale » : selon la légende, ce serait le souvenir des langes de Jésus que Marie étendit sur les branches de l’arbuste…

fruits d'aubépineLes usages médicinaux

Gérard Debuigne et François Couplan, dans le livre Le petit Larousse des plantes qui guérissent, indiquent : on ne doute plus des incontestables vertus de l’aubépine, qui est à la fois un tonique du cœur et un antispasmodique efficace. Elle régularise le rythme cardiaque, réduit l’excitabilité (…) rétablit la tension artériel à un rythme normal (…) La plupart de ces propriétés sont dues aux flavonoïdes qui augmentent le flux sanguin vers le cœur en dilatant les artères coronaires.

Infusion de fleurs : 10 à 20g de fleurs par litre d’eau bouillante (les fleurs doivent être versé dans l’eau déjà bouillante). Laisser infuser 10 minutes. Prendre un bol 2 à 3 fois par jour. Faire une cure de 20 jours par mois. L’effet du traitement ne se fait pas sentir tout de suite mais dure longtemps, même après l’arrêt du traitement.


Le bois de l’Aubépine monogyne et ses usages

Que dit la Flore forestière française à propos de l’Aubépine monogyne ? Le même discours que pour l’Aubépine épineuse : « Un bois homogène, dur, lourd, blanc, parfois légèrement teinté de brun rougeâtre, prenant un beau poli, ressemblant beaucoup à celui de l’Alisier blanc (…) autrefois utilisé pour des pièces mécaniques (bois très résistant au frottement), en petite menuiserie et tournerie. »

 

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